À propos de Cartographie du présent
Avec Cartographie du présent, Carmelle Pilon explore les relations entre territoire, mémoire et vivant à travers une lecture sensible du paysage. Les œuvres se présentent comme des fragments cartographiques observés à vol d’oiseau, où se superposent matières organiques et composantes technologiques, révélant des territoires à la fois réels et symboliques.
Sa recherche s’intéresse aux différentes couches qui composent un lieu : géographiques, sensibles, mémorielles et historiques. Les paysages que nous habitons portent les traces de multiples présences, inscrites dans des territoires ancestraux dont plusieurs demeurent non cédés.
Plutôt que d’opposer nature et culture, l’artiste observe leurs zones de rencontre. Les circuits électroniques intégrés aux œuvres, issus d’appareils conçus pour l’écoute musicale, deviennent les témoins silencieux de rythmes et de fréquences qui traversent le vivant, les forêts et les territoires.
Par la fragmentation des compositions, la stratification des matières et le recours à un point de vue aérien, Cartographie du présent invite à une contemplation attentive de notre manière d’habiter le monde. Présentée sous forme de boîtes-cadres contenant chacune un fragment de territoire, l’installation évoque à la fois la fragilité et la résilience du vivant dans un contexte de profondes transformations environnementales et sociales.
Cartographie No 1
Cette œuvre s’inspire de la forêt et du caribou forestier, une espèce en voie de disparition, également porteuse d’une forte valeur culturelle pour plusieurs nations autochtones au Canada, étroitement liée à la préservation des territoires et du vivant.
Réalisée à partir de techniques mixtes, elle combine circuits électroniques et matériaux naturels — mousse, plantes séchées, pétales et terre — créant une surface dense et tactile. Les composants technologiques sont disposés au centre de la composition et partiellement recouverts par la matière organique, générant un paysage fragmenté.
Surmontés d’une figurine de cerf, les circuits imprimés constituent un point focal et introduisent une présence animale au cœur de cette topographie hybride. L’ensemble est contenu dans un encadrement profond, conçu comme un écrin, qui isole ce fragment et en souligne la dimension précieuse.
Supports et procédés
Support – Papier ou carton pulpe sur panneau de particule de bois.
Peinture et pigments – Acrylique, encres fluides, pigments.
Éléments naturels – Mousse stabilisée, brindilles, carton mousse, fibres végétales, terre, feuille d’or pour représenter la végétation et le relief.
Figurines d’animaux miniatures peintes à la main.
Éléments électroniques – Pièce électronique et haut-parleur issus d’appareils pour l’écoute musicale.
Techniques mixtes – Combinaison de dessin, peinture, collage d’éléments naturels et intégration électronique.
Installation
Cartographie du présent est une exposition modulable qui s’adapte à différents contextes de diffusion. Elle réunit dix tableaux tridimensionnels muraux installés à hauteur de regard et regroupés de manière à favoriser une lecture d’ensemble évoquant une vue aérienne du territoire.
Une série de sérigraphies complète l’installation. Consacrées à la forêt nocturne, elles proposent une immersion dans des paysages contemplatifs où le vivant se révèle à travers les jeux d’ombre, de lumière et de contraste.
L’accrochage privilégie des murs dégagés et une circulation fluide permettant une observation rapprochée des œuvres. Un éclairage directionnel doux est recommandé afin de mettre en valeur les reliefs, les textures et les superpositions de matières.
Une bande sonore accompagne l’exposition et peut être diffusée en salle ou accessible au public par code QR. Selon les lieux, des outils de médiation légers (texte mural, cartels, code QR) peuvent également accompagner la présentation.
Au sein du corpus « Cartographie du présent », la onzième œuvre, INSULA, explore la géographie intime de la résilience. En neurosciences, l’insula est cette terre intérieure, siège de la conscience de soi et du lien entre le corps et l’émotion.
Une île-refuge où la nature reprend ses droits sur les vestiges de nos technologies. Un fragment de circuit issu d’un appareil musical est intégré comme racine : il symbolise la neuroplasticité et le pouvoir réparateur de la musique, un véritable câblage de l’âme qui permet de reconstruire ce qui a été fragilisé.
Survolant ce paysage hybride, la cigogne incarne le mouvement migratoire : un envol et la promesse d’un renouveau.
Elle sera mis en vente à l’encan bénéfice Moi m’aime 2026 au Livart, le mercredi 13 mai, de 17 h 30 à 20 h 30.
Alors que les œuvres de ce corpus abordent le territoire à travers une perspective cartographique, où les forêts apparaissent sous forme d’amas de cercles évoquant une vue aérienne du paysage, cette image propose un déplacement du regard.
Elle nous fait quitter la carte pour entrer dans le territoire.
Là où la cartographie observe à distance, cette œuvre nous place au cœur de la forêt. L’arbre qui émerge au centre de la composition devient un point d’ancrage, une présence à partir de laquelle le paysage se construit et se déploie.
Cette transition entre la vue d’ensemble et l’expérience immersive prolonge les questions qui traversent Cartographie du présent : comment habitons-nous les lieux? Comment la mémoire transforme-t-elle notre perception du territoire? Quels paysages continuons-nous de porter en nous?
La sérigraphie ne représente pas la carte; elle en constitue plutôt l’un des possibles prolongements. Une manière de passer du territoire observé au territoire vécu.
Médiation
L’exposition peut être accompagnée d’activités de médiation favorisant une approche fondée sur l’observation, l’écoute et l’échange.
Rencontre avec l’artiste
Une discussion autour du processus de création, du choix des matériaux et des liens entre territoire, vivant et technologie.
Visite commentée
Un parcours guidé invitant à observer les œuvres à travers leurs matières, leurs strates et leur point de vue aérien, tout en laissant place à une expérience personnelle.
Dispositif d’écoute (optionnel)
Une sélection musicale ayant accompagné la création est accessible par code QR, comme prolongement facultatif de l’expérience de visite.
Équipe de soutien
| Coordination | Carmelle Pilon |
| Préparation de pièces électroniques | Émile Pilon |
| Collaboratrice sérigraphie | Dominique Desbiens, Atelier circulaire |
| Photographes | Guy L’Heureux, Carmelle Pilon |
| Encadreur | Encadrement tout autour |
| Promotion et mise en marché | Phillipe Leblanc |
Carmelle
Carmelle Pilon vit et travaille à Tiohtiá:ke (Montréal). Sa pratique protéiforme inclut peinture, dessin, arts imprimés et techniques mixtes. Elle explore les relations entre nature, humanité et transformation du territoire, guidée par la conviction que l’invisible façonne nos vies autant que le visible.
Ses œuvres révèlent des strates de textures, de rythmes et de structures, où se mêlent observation, mémoire et intuition. En parallèle à l’expérimentation et au geste intuitif, la recherche alimente sa création : elle puise dans des sources scientifiques, poétiques et artistiques pour nourrir ses réflexions et ses gestes.
Influencée par son parcours en musique, Carmelle transpose dans ses compositions les vibrations, les harmoniques et les rythmes qui traversent le vivant et le territoire. Ses œuvres invitent le spectateur à percevoir l’invisible derrière le visible et à ressentir les flux subtils qui relient humains, nature et technologie, offrant un espace où matière et rythme se répondent.







